Oscar adore aller à la piscine. Ce jour-là, alors qu’il s’appliquait à “pêcher le poisson” et à “faire le canard”, ce qui revient à boire dix tasses à la minute, un jeune garçon de six ans nous a foncé dessus : “Bonjour, mon papa est suédois, ma maman est italienne, et moi je suis d’ici.”
Je n’ai pas su quoi répondre, j’ai souri tandis qu’Oscar le regardait, bouche bée. Tout en scrutant ma réaction, il a continué : “Mon papa porte un nom suédois, ma maman un nom italien et moi, un nom français : Axel ! Je parle trois langues et lui (il désigne Oscar) ?”
Axel avait l’air d’avoir beaucoup de questions sur l’identité nationale. Un sujet complexe, on le sait. Très vite cependant, il a enchaîné sur d’autres questions plus sérieuses encore : les animaux meurent, nous aussi ?
Oups, toute concentrée que j’étais sur la réponse à apporter à cet adorable bambin, j’ai omis de rattraper mon petit canard au bas du toboggan, ce qui lui a valu de boire quelques tasses de plus. “Oui on meurt aussi, on meurt tous, mais c’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Qui sait, peut-être même que tout est bien mieux une fois qu’on est mort.”
Axel avait de quoi réfléchir pour le restant de l’après-midi. Question de se reposer les méninges, il s’est joint à Oscar pour nous pêcher le repas du soir.
